Certifications, ce sera non !

Dans une récente intervention, M Blanquer a déclaré qu’il souhaitait «.. introduire, dès le lycée, une logique d’attestation de niveau en langues étrangères. Une attestation qui fait l’objet d’une reconnaissance internationale. En clair, à terme, chaque étudiant à la fin de son lycée et au plus tard en fin de licence aura passé un test de type Cambridge, IELTS, financé par l’Etat, et qui donnera donc un niveau reconnu partout à l’étranger.»

Et voilà donc que nous nous dirigeons vers :

  • La privatisation d’une partie des missions de l’Education Nationale
  • L’affirmation que certifier, attester, labelliser est devenu la seule valeur reconnue à nos élèves. Quid de la coopération, de la communication, du temps ?
  • La rémunération d’organismes privées au lieu de donner davantage de moyens aux enseignants pour accomplir leur mission, par exemple en permettant une vraie expression orale par des effectifs réduits, au moins une partie de l’horaire.
  • La négation, voire le mépris, de nos compétences d’évaluation
  • Le bachotage visant non plus à developper des compétences langagières dans une démarche actionnelle, qui reste pourtant le coeur des instructions régissant notre travail, mais à se conformer à des critères définis ailleurs, pour d’autres (le TOEFL par exemple, pour des élèves américains avant leur entrée dans telle ou telle université)

La certification Cambridge est déjà proposée tous les ans aux élèves volontaires de seconde des sections européennes. Je l’ai toujours refusée, en dépit des demandes tous les ans de mon inspection. Je la refuse à mes élèves et refuse aussi d’en être jury. Parce qu’elle n’a pas de sens, parce que son format ne correspond pas à nos évaluations françaises et qu’il faut y entrainer les élèves, prenant ainsi sur le temps d’apprentissage, parce que je ne veux pas dire à mes élèves qu’hors certification point de salut, parce qu’elle ne sert à rien, parce que je ne veux pas cautionner la dépense budgétaire inutile. Je suis formée, certifiée moi-même par le concours que j’ai obtenu, pour dire si mes élèves sont en A2 ou en B1. Je peux même s’il le faut leur imprimer un joli papier où leur niveau figurerait.

En 2001 le conseil de l’Europe a sorti un document d’une centaine de pages répertoriant les compétences langagières visées, en trois grands niveaux (A-débutant, B-intermédaire et C-expert) valant pour toutes les langues étrangères et tous les pays d’Europe. Ce CECRL mériterait d’être sans doute mieux expliqué, pour être mieux utilisé par les enseignants. Mais vendre l’évaluation à Cambridge ou autres organismes est un scandale qui ne se fera pas avec notre accord.

Pour toutes ces raisons, et d’autres liées au mépris de notre travail et des travaux de recherche en didactique, je serai en grève demain.

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2 réflexions au sujet de « Certifications, ce sera non ! »

  1. Pour ceux qui ne suivent pas des cours d’anglais ‘reconnaissables’ il y a des certificats offerts par l’Université et ses profs de langues à moindre coût comme le CLES ou le DCL – on n’a pas besoin de boîtes comme Cambridge et ceux qui se font du blé avec leurs TOEIC et TOEFL – merci pour ce billet.

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